‹ La philosophie de Malebranche (volume 2)Chapitre 54 sur 117 · LES CRITIQUES DE MALEBHÀHCHB · texte numérisé non relu

LES CRITIQUES DE MALEBHÀHCHB

1 branche semble professer ici, tant le spectacle d'une

I Ame aux prises avec le doute, TafiDige et le trouble!

Mais qu'est-ce à dire encore, sinon que pour un homme d'étude qui a perdu la foi, il faut redouter le travail de l'esprit, bien loin de le lui recommander? Autre erreur, erreur pratique, causée par une vue incomplète des besoins des âmes et un sentiment peu juste de la dignité de la foi elle-même.

Mais nous avons vu que Malebranche parle de l'horreur qu'inspirent les conséquences du spino- ' zisme. Qu'entend-il au juste par là? Il ne le dit point. Si cette horreur ne subsiste pas dans une âme qui n'a plus la foi, évidemment, elle n'est pas un nouveau moyen de défense contre l'erreur, et nous n'avons rien à en dire. Si elle subsiste encore là où la foi n'est plus, d'où vient-elle? De ces notions morales qui sont supérieures à tous les systèmes métaphysiques? Il fallait le montrer nettement, et c'est ce que Malebranche ne fait point. Il pouvait établir d'abord qu'un système qui ne peut expliquer ces notions, ou qui les fausse, est condamné par elles ; puis, que le spinozisme a ce tort, et ce malheur. Au lieu de cela, il se contente de paroles vagues, et là où il avait les éléments d'une très-puissante et très-belle réfutation, il a Tair de n'opposer aux exigences scientifiques de Mairan que des sentiments tout personnels et des mouvements produits par des préjugés.

138 DicnutaK PÂRTiB. ~ caiAPinK i.

A quoi cela tient-il? toujours à la même cause» Malebranchene trouve de clarté, et par suite de rigueur, et par suite encore de science véritable, que dans les choses mathématiques et dans celles en très-petit nombre qui peuvent se traiter de même. Donc, au moment où il reconnaît que la méthode géométrique ne convient pas à la philosophie, il 6te à la philosophie l'honneur d'être une science ; au moment où il signale comme, dangereuse. la voie où Mairan avec Spinoza veut engager la métaphysique, il détruit la métaphysique, puisque cette voie qui lui est interdite, demeure la seule que la vraie science puisse suivre. Il signale admirablejnent les dispositions morales et religieuses que Ton doit apporter dans les recherches philosophiques : teais le point de départ scientifique de ces recherches, où est-il ? Il ne le dit pas, bien plus, il nie ou semble nier qu'il y en ait un. Mettez la foi de cêté^ la philosophie chancelle et s'égare ; conservez la foi, la philosophie reprend une marche ferme et sûre. Mais, dans les deux cas, qu'y a-t^il à l'origine? rien que des vérités obscures ou des sentiments obscurs. Si donc avec la foi, la philosophie a la solidité de la science, elle n'en a point, dans ses principes mêmes, la clarté ; et sans la foi, elle n'a plus de la science ni la solidité ni la clarté, elle n'est plus science à aucun titre. Voilà où il en faut venir quand on regarde les démonstrations géométri-

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