Ibid.j II, ch. I, II, m et iv
que Dieu a fait toutes choses pour lui, et que la bonté divine est la fin de toutes choses, tant de Dieu que des créatures. Mais c'est en diverses manières : car, au regard de Dieu, c'est qu'il n'a agi que pour la communiquer , et au regard des créatures, c'est qu'elles tendent toutes à y participer, en tant qu'elles en sont capables. Toute créature agit pour «être bonne, c'est-à-dire pour acquérir sa perfection; Dieu agit parce qu'il est bon, c'est-àdire pour communiquer sa perfection à d'autres, n'ayant besoin d'aucune perfection, et n'étant capable d'en acquérir aucune ^
8"* Dire que l'ouvrage de Dieu doit rendre au Créateur un honneur digne de lui, c'est-à-dire infini, c'est cherche^ entre les choses et le souverain auteur des choses une égalité qui ne se peut pas trouver; c'est parler comme s'il coûtait à Dieu quelque chose de créer, et que dans cette vue il ne voulût agir que pour en tirer quelque avantage ; c'est supposer enfin que cette volonté souveraine et indépendante se répand au dehors, non par plénitude et abondance, mais par une espèce d'indigence qui la déterminerait à agir dans la vue de quelque avantage qui lui en pourrait revenir. Combien y a-t-il de gens qui font des choses dont ils n'ont aucun besoin, à cause seulement qu'ils prennent plaisir à les faire, ou qu'ils sont d'une