Réflex.philos. etthéoLj II, ch. ii
humeur bienfaisante? Pourquoi donc Dieu, qui est la bonté même, n*aurait-il pu créer le monde par une effusion de sa bonté * ?
9** La théorie de la grâce n'est ni moins nouvelle ni moins dangereuse que les autres. Quand ce théologien téméraire « qui aime mieux chercher la science des choses divines dans ses méditations philosophiques que d'être le disciple des samts Pères ^, » prétend nous dévoiler les dispositions et les sentiments de l'âme sainte de Jésus-Christ considérée comme cause occasionnelle de la grâce, que de suppositions injurieuses au Sauveur des hommes ne fait-il pas^? et quelle étrange idée ne nous donne-t-il pas de la conduite divine? Il veut qu'elle porte le caractère des attributs divins : mais quoi ! la bonté n'est-elle donc pas un attribut de Dieu ? Il la laisse dans l'ombre ^ Et la puissance? Il l'exalte, et puis voici qu'il en dépouille Dieu pour le rendre plus aimable. Si tant d'âmes se perdent, c'est que Dieu n'a pas pu sauver plus d'hommes qu'il n'en a sauvés \ En vérité, si c'est là parler dignement de Dieu, qu'est-ce donc que d'en parler indignement*?
Voilà ce qui me paraît solide dans la réfutation d'Amauld. Certes ce n'est pas un médiocre mérite