‹ La philosophie de Malebranche (volume 4)Chapitre 58 sur 93 · Témoignage du sens intime, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Témoignage du sens intime, 1. 1, p

se regarder en dedans', ■ que l'on doit « traiter la métaphysique comme la physique, > et que la métaphysique est en effet n l'histoire naturelle de l'eshumain'.> «La vraie philosophie, dit-il enne cherche pas ce qui peut être, mais ce qui . Aussi n'élève-t-elle pas tout d'abord de doutes Sriques sur l'existence des choses pour s'ëpuinsuite à les démontrer. « Le bon sens nous dit est inutile de nous fatiguer à discuter scrupunent des choses dont nous sentons que nous s constamment persuadés, quel que soit le suc- 3 notre examen, comme il nous dit qu'il y a folie à nous raidir contre l'évidence*.» Que 1 donc faire? renoncer à démontrer ce qui nt, et admettre, « qu'il y a des vérités cer- 1 qu'on ne peut déduire d'aucune démonstraqui contribuent autant au fond de notre raiue les vérités dans l'ordre des abstractions, et peut appeler la foi naturelle'.» Ainsi l'abbé gnac distingue très-bien entre ce que j'appelles données concrètes et primitives de la conmce, d'une part, et les notions abstraites et eures, d'autre part. Il voit que l'esprit débute I concret, par le réel, et il comprend que l'es-

imoignage du sens intime,l. I,p. 101.

■Mres à un Américain, t. III, 8» lellre. Imoignage du setii intime, t. II, p. 109. a., introd., p. 73.

td., p. 45.

prit en présence de la réalité a la faculté de la sentir, de la saisir, de recevoir Timpression qu'elle fait sur lui ; c'est là qu'il trouve l'origine et le fondement de la certitude. Et c'est pour cela qu'il veut que la philosophie commence par recueillir les données de cette foi naturelle sans les contester. La philosophie, telle qu'il l'entend, c'est le sens commun développé, expliqué, justifié. Voilà bien la méthode expérimentale et psychologique, largement comprise et sagement pratiquée.

Je me sens moi-même, je sens mon corps, je sens la cause qui me fait être. Les trois sentiments ou sens sont contemporains. Le sentiment de ma propre existence ou sens intime ne va point sans le sentiment de la coexistence ou sens vital (comme nous dirions maintenant), et sans le sentiment de Texistence divine ou sens divin. < Il faut quelque adresse pour démêler le sens de la coexistence * ; » mais si les philosophes n'en parlent pas, il n'en est pas moins réel : € c'est lui qui me rend mon corps toujours présent, il me le fait distinguer de tout autre corps, il le rend partie de mon être, et cette perception complète ma personne, elle fait que mon corps entre dans ce que j'appelle moi^.> Le sentiment de l'existence divine n'est pas non plus toujours bien démêlé, mais il est également très-

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