LA CAUSE PREMIÈRE ET LE3 CAUSES SECONDES
que je puisse travailler, ni âmes auxquelles je puisse m'adresser : je ferai tout moi-même, je serai créateur; au lieu de développer ou de façonner ce qui est, je donnerai l'être même. Mais quoi? donner l'être à ce qui ne l'a pas, est-ce donner queli chose de soi? est-ce tirer de soi, prendre en i quelque chose que l'on donne? non, donner l'êl c'est Jaire être ce qui avant qu'on agisse n'est f Il me semble que, si j'avais la puissance de cH je ne puiserais pas en moi comme en une source en un trésor pour en faire sortir l'être : car alor serais donc un je ne sais quoi de matériel dont choses seraient faites? Rien ne donnerait de l'a qui fait être une plus fausse idée que cette grossi image. Il me semble encore que, si je pouvais cré je ne serais point dans mon oeuvre de la même r nière que je suis dans mes actes : si cela était, et œuvre ne serait plus vraiment œuvre ni effet, t serait un mode de ma substance, je ne serais | vraiment cause. Que ce soit une simple mani d'être ou l'être même que la cause produise, il f pour qu'il y ait vraiment production que ce qu'< fait soit distinct d'elle. Or, voici ce que je remarq Là où l'être existe, on peutêtre vraiment cause, el produire cependant que dçs manières d'être : c' le cas où je me trouve quand je fais quelque chc Mais là où rien ne préexiste à l'action productri il faut évidemment qu'elle fasse l'être même, c't
à-dire quelque chose qui non-seulement semble subsister et agir, mais qui vraiment subsiste et agit. Si la cause créatrice ne fait pas cela, elle ne fait rien. Car, si elle ne fait pas des êtres agissants, elle ne fait donc que des manières d'être ? mais des manières d'être de quoi ? de rien autre chose que d'elle-même apparemment, puisqu'elle existe seule. Elle agit donc en elle-même et sur elle-même, elle est substance active, mais elle ne fait rien, et c'est à tort qu'elle est appelée cause. Si donc les êtres créés n'ont aucune activité propre, ne dites pas qu'ils sont créés, ne dites pas que ce sont des êtres : ce sont des modes de la substance infinie, ce ne sont pas les œuvres de la cause première. Et remarquez qu'aucun être créé ne se suffisant à lui-même, il faut se représenter les substances actives qui composent l'univers, non point comme renfermées en elles-mêmes et isolées chacune dans son chez soi, mais au contraire, toutes en relation et comme en contact, et agissant les unes sur les autres, ce que l'expérience confirme, en sorte que ce sont de véritables causes. Il faut donc dire que la cause première, si elle fait vraiment des êtres, fait des substances actives et agissantes, et que ces substances étant des causes, elle fait des causes, réelles, efficaces, quoique dépendantes et dérivées, en un mot des causes secondes. C'est une erreur de croire la puissance et l'efficace divines incommunicables en