Morale, I, ch. v, 9 etlO
joies > dont est récompensé le € travail désolant »
de la méditation S répond à leurs sarcasmes par un sourire où se mêlent l'ironie et la pitié, et travaille à les éclairer. Il y a dans ses écrits bien des traces de cette double disposition. Tous les secrets de nos mille passions, grandes ou petites, hostiles à la vérité, il les surprend avec la clairvoyance habituelle aux âmes très-élevées, très- délicates et très-pures ; et, dans sa façon de peindre les misères du cœur humain, s'il n'a ni Timpétueuse vigueur et l'éclat de Pascal, ni le tour et l'art achevé de la Bruyère, que de finesse et que d'esprit naturel, quelle joie de percer les fausses apparences et de confondre la vanité, quelle piquante malice dans ces traits presque négl «gemment lancés, et quel air de hauteur où se trahit le mépris qu'il fait de tout cela ! £t puis, en même temps, il plaint de bon cœur les ennemis de la vérité, surtout ces beaux esprits qui attaquent ce qu'ils ne connaissent pas : dans sa compassion pour eux, il veut qu'on tente de les guérir, et il le tente tout le premier ^. La forme même de plusieurs de ses ouvrages atteste ce souci. C'est Àristarque, homme du monde et homme d'esprit, qui sent enfin le vide et le néant de ce que les hommes estiment le plus, et qui veut « des