‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 9 sur 237 · Entret. mélaph.y v · texte numérisé non relu

Entret. mélaph.y v

avec une rigueur où l'on sent de la rancune. Il en vient à se demander à quoi sert ce corps dont le poids appesantit l'esprit ; il se plaint à Dieu de cette domination de la matière sur l'âme, qui lui est un scandale ; et quand il a compris que, l'œuvre divine étant gâtée par le péché, il est juste et sage que ce corps soit le maître de l'esprit rebelle à Dieu, alors il accepte avec humilité cette condition convenable au pécheur * , et entreprend courageusement, avec la grâce de Dieu, la lutte qui doit rendre à l'esprit une partie de sa liberté. € C'est se sacrifier, c'est s'enterrer tout vivant, que d'écouter, mais sans cesse, sa raison et sa foi ^. » Cette pensée seule fait peur, mais la grâce raffermit l'âme et la rend capable de former cette résolution et de la tenir. « Pour gagner la vie de l'esprit, il faut travailler de l'esprit : c'est une nécessité absolue. > Ceux qui « ne peuvent se résoudre à gagner à la sueur de leur front le pain de l'âme, n'en goûteront jamais la saveur ^. »

Voilà bien le méditatif dans son vrai caractère. Les hommes le prennent pour un rêveur et se rient de lui. Mais il se console dans le commerce de l'étemelle vérité, ne s'émeut point du jugement de ces aveugles qui ne comprennent rien aux « solides

1. MédU. chrét,^ iv, 2, xi, 10, xiii, 14 et suiv. — EnlreL niéLjiv.

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