‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 105 sur 237 · Entrel, métaph.y m, 7. — Médit. chréL, ix · texte numérisé non relu

Entrel, métaph.y m, 7. — Médit. chréL, ix

qu'elles soient, ne lui apprennent rien de sa vraie nature : elle est inintelligible à elle-même. Comme tout ce qui est créé, elle ne peut être connue que par son idée ou archétype : cette idée, renfermée dans le Verbe divin. Dieu ne nous la découvre pas. La connaissance que nous avons de notre âme par sentiment ou conscience suffit, quoique imparfaite, pour nous la faire distinguer des corps ^ Et si, de plus, nous connaissions l'âme par son idée, cette connaissance si claire nous la ferait trop considérer comme séparée du corps, et, en diminuant notre union avec lui , irait contre le dessein de Dieu : au lieu que la connaissance que nous avons ,des corps par sentiment ou conscience, si l'on peut dire, serait non-seulement imparfaite, mais fausse si l'idée ne la corrigeait^. Il fallait donc que nous connussions la substance corporelle par son idée. Connaître l'esprit de la même façon n'était pas nécessaire, et c'eût été plutôt un inconvénient. Mais voici un autre danger, plus, grave encore : se voyant dans la lumière de son idée et connaissant mal Dieu, en qui elle se verrait, l'âme éprise d'ellemême s'enivrerait d'un fol orgueil et s'arrêterait

1. Bech, de la vérité^ liv. III, part, ii, ch. vu, 4, — et XP éclaircissement. — tt Quoique nous soyons très-unis avec nous-mêmes, nous sommes et nous serons inintelligibles à nous-mêmes, jusqu'à ce que nous voyions en Dieu et qu'il nous présente à nous-mêmes l'idée parfaitement intelligible qu'il a de notre être renfermé dans le sien. » Recli. de laver,, liv. III, part, ii, ch. i, 1 .

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