Médil, chréL, ix
cette façon, nous ne connaissons que l'âme, puisque- toutes les prétendues qualités sensibles ne sont que nos propres modalités. Mais si l'on parle de la connaissance véritable, ce que nous connaissons le mieux, ce n'est pas l'âme, dont nous n'avons pas d'idée, ce sont les corps. « Rien n'est plus intelligible que les idées des corps ^ > La conscience ne nous montre peut-être que la moindre partie de notre être ^. Sait-on tout ce qu'est l'âme? Ne se peut-il faire qu'il y ait dans l'âme quelque chose qui précède la pensée ^ ? Assurément, « encore que nous connaissions plus distinctement l'existence de notre âme que celle de notre corps et de ceux qui nous environnent, cependant nous n'avons pas une con- , naissance aussi parfaite de la nature de l'âme que de la nature des corps, et cela peut servir à accorder les différents sentiments de ceux qui disent qu'il n'y a rien qu'on connaisse mieux que l'âme et de ceux qui assurent qu'il n'y a rien qu'ils connaissent moins *. »
Malebranche contredit, on le voit, l'opinion de Descartes. Si dans le passage que je viens de citer, ce dissentiment paraît lui causer quelque embarras, partout ailleurs il proclame sans aucun mé-