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telligences le culte et la reconnaissance que je ne dois qu'à vous! 0 mon unique Maître, que les anges mêmes vous adorent avec tout ce qu'il y a d'esprits, puisque vous êtes seul leur raison et leur lumière ; et que les hommes sachent que vous les pénétrez de telle manière que, lorsqu'ils croient se répondre à eux-mêmes et s'entretenir avec euxmêmes, c'est vous qui leur parlez et qui les entretenez ! Oui, lumière du monde, je le comprends maintenant,, c'est vous qui nous éclairez, lorsque nous découvrons quelque vérité que ce puisse être; c'est vous qui nous exhortez, lorsque nous voyons la beauté de l'ordre ; c'est vous qui nous corrigez, lorsque nous entendons les reproches secrets de la raison ; c'est vous qui nous punissez ou nous consolez, lorsque nous sentons intérieurement des remords qui nous déchirent les entrailles ou ces paroles de paix qui nous remplissent de joie. Vous venez tout d'un coup de m'éclairer l'esprit, et je comprends clairement qu'il n'y a que vous qui soyez notre Maître ^ »
Admirable et délicieuse page! Peut-on mieux montrer que ne l'a fait Malebranche l'intime présence de Dieu dans la raison? Mais l'exagération et la chimère gâtent cette belle vérité si vivement exprimée. Ce n'est pas assez pour notre philosophe
t. MédiL chrét,^ ii, 11, 15.
TflÉORIE DE LA CONNAISSANCE. 267
que rintelligence humaine juge des choses dans la lumière de Dieu présent et agissant en elle : il faut qu'elle voie Dieu même d'une vue directe et immédiate; et ainsi ce que la foi promet comme la récompense surnaturelle de la sainteté dans l'autre vie, devient, dans la vie actuelle même, la naturelle et indispensable condition de toute connaissance.
Platon dit que l'Idée du Bien est la source de la vérité et de la science ; que c'est elle qui rend les objets intelligibles et les esprits intelligents, que l'on ne connaît rien que dans sa lumière et par sa lumière. Mais il ne prétend pas que l'œil de l'âme, sans cesse éclairé par elle, l'aperçoive sans cesse directement. C'est l'ambition et l'espoir de la dia7 lectique de la voir en elle-même, et un travail continu et des efforts persévérants nous rapprochent peu à peu de ce terme désiré: Patteindre estil possible? Ici Platon hésite : ou cette divine vision est un privilège réservé à la vie future S ou si elle n'est pas entièrement incompatible avec les conditions de la vie présente, du moins, on n'en peut jouir ici-bas qu'à grand'peine, et fort rarement ^.
Saint Augustin admet que connaître Téternelle et immuable vérité, c'est la voir, et la vérité, pour