‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 111 sur 237 · Voyez le livre VII de la République · texte numérisé non relu

Voyez le livre VII de la République

lui, c'est Dieu même. Il emploie donc à chaque instant et sans scrupule les mots de vue et de vision appliqués à la connaissance de l'intelligible ^ Mais comprenons bien sa pensée. Ce qu'il tient à établir, c'est que la perception du sensible et les images ne sont pas toute la connaissance ; que nous avons certaines notions, pures en elles-mêmes de tout élément sensible ; que, jugeant de la vérité des choses ou de la bonté morale des actions, nous appliquons des règles que nous ne trouvons ni dans les données des sens, ni même dans notre propre être ; que ces règles, supérieures aux choses et à nous, éternelles, immuables, sont connues par elles-mêmes, vues intelligiblement dans une lupaièretout intelligible^; et qu'ainsi, de même que les yeux du corps saisissent les choses sensibles éclairées par les rayons du soleil, de même l'œil intérieur saisit l'intelligible dans la lumière de la vérité^, c'est-à-dire de Dieu même*, qui, semblable

1. Videre, cernere, conspicere, intueri, ces mots reviennent dans tous les écrits de saint Augustin. La raison est appelée aspecius meniio, {Soliloq.j lib. I, cap. 12.) Une notion pure, c'est res qu3d intellecta conspicilur. De Genesi ad litt., lib. XII, cap. 6. — De Trinit,, lib. XV, cap. 3.

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