‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 121 sur 237 · Ikch, de la vér.^ liv. IV, ch. ii · texte numérisé non relu

Ikch, de la vér.^ liv. IV, ch. ii

sent, et de déterminer ainsi à quelque objet particulier nos inclinations naturelles, qui étaient auparavant vagues et indéterminées vers le bien en général ou universel, c'est-à-dire vers Dieu qui est seul le bien général, parce qu'il est le seul qui renferme en soi tous les biens*.

C'est donc une chose certaine que nous n'aimons rien que par une impression continuelle de la volonté divine sur nous. Or, Dieu s'aime, il nous aime, il aime toutes ses créatures. Il ne fait donc point d'esprits qu'il ne les porte à l'aimer, à s'aimer, à aimer toutes les créatures^. Sa fin principale, c'est lui-même, car il est le souverain bien; et s'il mettait ailleurs sa fin, il commettrait une erreur et une faute. Mais il peut avoir d'autres fins moins principales qui se rapportent à cette fin dernière : faisant des êtres qui participant tous de sa bonté, sont bons et même très-bons, il les conserve par son amour : lui-même ou sa gloire, voilà sa fin principale ; la conservation de ses créatures, mais pour sa gloire, voilà une fin seconde. Telle est la volonté divine, tel est l'amour divin. Comme « la volonté de Dieu fait et règle la nôtre'', j> nos inclinations naturelles nous portent nécessairement, d'abord vers le bien en général qui est Dieu, ensuite

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