Rech. de la vér., lîv. I, ch. i, 2, et ch. n
vers le bien en général, et par conséquent elle dépend essentiellement de l'amour que Dieu se porte à lui-même et de la loi éternelle. Mais la volonté, € comme volonté d'un homm^e^ » dépend essentiellement du corps ; car ce n'est qu'à cause des mouvements du sang, ou plutôt des esprits animaux, qu'elle se sent agitée de toutes les émotions sensibles. On peut donc appeler inclinations naturelles tous les mouvements de l'âme qui nous sont communs avec les pures intelligences : ce sont des impressions de l'auteur de la nature, qui nous portent principalement à l'aimer comme souverain bien, et notre prochain sans rapport au corps. Et l'on peut appeler passions toutes les émotions que l'âme ressent naturellement à l'occasion des mouvements extraordinaires des esprils animaux et du sang : ce sont des impressions de Tauteur de la nature, qui nous inclinent à aimer notre corps et tout ce qui peut être utile à sa conservation. Les passions sont inséparables des inclinations, et les hommes ne sont capables de quelque amour ou de quelque haine sensible, que parce qu'ils sont capables d'un amour ou d'une haine spirituelle. Otez les inclinations : il n'y a plus de passions ; il ne reste que des mouvements corporels, pur jeu de machine. Mais ôtez le corps, et par suite, les passions : les inclinations demeurent ^