Rech. de lavér,^ liv. V, ch. i
On peut se demander si cette alliance des pensées de Tesprit de rhomme avec les mouvements de son corps çst une peine de son péché ou un don de la nature. Qu'on réfléchisse, et Ton trouvera étrange que cette économie si juste et si merveilleuse des sens et des passions pour la conservation du corps soit une corruption de la nature plutôt que sa première institution. Maintenant l'homme est esclave de ses passions au lieu d'en être le maître ; il est attaché aux choses sensibles, et son esprit est devenu comme matériel et comme terrestre : voilà l'effet du péché, et en cela, la nature est corrompue. L'union de l'âme et du corps s'est changée en. dépendance, mais les passions n'en sont pas moins de l'ordre de la nature, et même elles sont très-réglées, si on ne les considère que par rapport à la conservation. du corps. Il faut dire qu'elles ont pour cause première cette volonté générale de Dieu qui fait l'ordre de la nature K
Mais d'où vient que faits pour le bien souverain , nous nous arrêtons à de faux biens ? Selon l'institution de la nature, nos inclinations vont droit à Dieu ; dans le fait elles se détournent et s'arrêtent aux choses inférieures. De même que le sentiment, action de Dieu sur nous, nous fait supposer dans les corps une efficace qu'ils n'ont pas ; de même le