Médit, chrét.y xi
4. Entret, métaph.; xi, 11. « Ces cruelles bêtes (les ours et les lions), dont Dieu se sert maintenant pour nous punir, respectaient en Adam son innocence et la majesté divine. »
5. Entret. métaph.^ iv, 16. « On me pique le bout du doigt et je souffre ...»
le corps agit avec trop de force sur Tesprit : au lieu de lui représenter ses besoins avec respect, il le tyrannise et l'arrache à Dieu à qui il doit être inséparablement uni, et il l'applique sans cesse à la recherche des choses sensibles qui peuvent être utiles à sa conservation. L'esprit est devenu comme matériel et comme terrestre après le péché ^ . Voilà donc tout l'équilibre rompu dans l'âme par le pé* ché. Placée entre ces passions qui crient si haut ^, et Tordre qui se manifeste au plus secret de la raison, l'âme sacrifie l'ordre. Sans doute, la beauté de l'ordre est plus aimable que toutes les beautés sensibles^; sans doute quand elle apparaît clairement à l'esprit, elle gagne le cœur * ; car elle ne peut se faire voir sans montrer ses charmes et sans nous exhorter à l'aimer ^. Mais les passions nous empêchent de rentrer en nous-mêmes pour la* contempler; et séduits comme nous le sommes par les fausses apparences, cette divine beauté de l'ordre se montrant à nous malgré nous, pour nous découvrir nos fautes et nous reprendre, au lieu de nous charmer, nous fait horreur, parce qu'en nous voyant à sa lumière, nous nous voyons tout remplis de péchés ®. Aussi, bien que notre cœur soit