‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 131 sur 237 · Je prends ce mot dans le sens qu'il a au xvii» siècle · texte numérisé non relu

Je prends ce mot dans le sens qu'il a au xvii» siècle

que dans toutes les passions les plus violentes et dans la tristesse même il y a une secrète douceur venant de ce que l'âme sent entre son état actuel et l'émotion éprouvée une sorte de convenance * ; enfin essaie de déterminer le rôle du plaisir dans la vie, soit du plaisir sensible qui nous unit aux objets qui semblent le répandre, soit du plaisir pur et solide que nous goûtons dans l'amour du vrai bien*.

Descartes expliquant les différents mouvements des passions, fait la part si grande au corps, qu'on ne sait pas bien ce qui reste à l'âme, hors le jugement qui est une vue de l'esprit, et non une émotion ; Malebranche, par une analyse délicate, montre admirablement ce qui, dans la passion, revient au corps et ce qui revient à l'âme ^. Descartes parle très-bien, dans une de ses lettres, de l'amour intellectuel, qui engendre une joie, une tristesse ou un désir également intellectuels*; mais on ne voit pas comment ces vues très-justes se concilient avec sa théorie générale des passions où il n'y a de place, ce semble, que pour les sentiments excités par quelque mouvement corporel et liés à quelque phé-

Page 1