‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 134 sur 237 · Entret, métaph. vi, 6-iO · texte numérisé non relu

Entret, métaph. vi, 6-iO

4. Médit, chrét. ix, 7. — « Dieu ne communique point sa puissance aux créatures. » C'est là « le plus grand, le plus fécond et le plus nécessaire de tous les principes. » Entret, mélaph., vu, 10. « U y a contradiction que tous les anges et les démons joints ensemble puisse&t ébranler un fétu. » Ibid.

elle ne reçoit pas de lui une certaine puissance par Tefficace de laquelle elle puisse agir* ; cela n'a pas de sens. C'est lui qui agit en elle ; elle ne peut pas subsister un seul instant sans être soutenue, sans être faite par lui ; il la crée à chaque instant, elle reçoit à chaque instant de l'action créatrice et le fond de son être et ses manières d'être : incapable d'agir comme de subsister par soi-même, puisque ses apparentes actions ne sont que les effets successifs de l'acte éternel du Créateur continuant de vouloir qu'elle soit^. Toute force qui se montre dans les êtres créés ne consiste donc que dans l'efficace de la volonté de celui qui leur donne l'être incessamment et successivement. Considérez les corps : ils n'ont aucune vertu, aucune puissance; ils n'agissent point sur les esprits ; leur force mouvante n'est point une chose qui leur appartienne, une qualité distincte de leur être et qui soit en eux : c'est la volonté divine qui, continuant de vouloir qu'ils soient, les fait être successivement en différents lieux. Mais considérez les esprits: quelle intime union avec Dieu ! Rien de créé n'agit sur eux. Impuissants euxmêmes, puisque ce sont des créatures, ils sont éclairés, touchés, mus par l'action toute-puissante de leur auteur, ils subsistent par lui et en lui. Leurs idées sont les idées divines ; leur amour, l'amour

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