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334 KIEMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE V.
pourquoi m*avez-vous donné un corps qui me remplit de ténèbres et qui me tire à tous moments de votre présence pour me répandre et me dissiper parmi les corps? Lorsque vous voyez, Seigneur, qu'on m'entraîne, arrêtez-moi à vos pieds? * »
D'autres fois, plus calme, oubliant sa misère pour ne penser qu'à Dieu, il exalte là toute -puissance divine, et se réjouit de trouver Dieu partout présent et hors de lui et au dedans de lui-même. « Je ne tiens rien de ma nature, rien de la nature imaginaire des philosophes; tout de Dieu et de ses décrets^. » Il s'applaudit de voir diminuer et disparaître les occasions d'orgueil à mesure que la lumière de la vérité croît et grandit : « Voilà bien des sujets de vanité retranchés... Oui, mon Sauveur, je reconnais volontiers mon impuissance *. > Tout plein de Dieu, en qui il a l'être et la vie, la pensée et le sentiment, il est saisi de respect pour cette présence divine : « Rien n'est plus sacré que la puissance, rien n'est plus divin ; c'est une espèce do sacrilège que d'en faire des usages profanes. Nous ne pouvons agir que par l'efficace de la puissance divine, donc nous ne devons rien vouloir que selon la loi divine*. > U est transporté de reconnaissance et enflammé d'amour à la pensée de cette
t. MétUL chtH. \\ 12,
î- Knttti. méUtph. vu, 13.
3» Mi^iUt. fAiV/. VI, 15 et 22.
4, EhIrtL méiaph. vu, U.
action incessante de Dieu en lui, action qui le fait tout ce qu'il est, action sage et bienfaisante qui le rend capable de connaître et d'aimer, qui seule le peut modifier, qui seule le rend heureux ou malheureux ; et il conclut que « les mouvements de rame ne doivent tendre que vers celui qui seul est au-dessus d'elle, seul assez puissant pour agir en elle*. > C'est ainsi que « la connaissance de nos devoirs dépend de celle de la souveraineté et de la puissance de Dieu ^. » « C'est ma puissance, dit le Verbe divin à son disciple, c'est ma puissance qui te donne et conserve l'être à tous moments. Donc ton être et tous les moments de sa durée m'appartiennent Emploie donc, mon fils, le temps ou la
durée de ton être selon mes désirs. C'est par ma puissance que j'agis en toi et que je t'éclaire de ma
lumière. Sans moi tu ne penserais à rien, tu ne verrais rieii, tu ne concevrais rien; toutes tes idées sont dans ma substance et toutes tes connaissances m'appartiennent : ainsi tu ne dois occuper ton
esprit que de moi et que par rapport à moi
C'est ma puissance qui te transporte sans cesse vers le bien en général; comme je n'agis que pour moi, je ne crée aucun esprit sans lui donner une impression invincible pour le bien en général , c'est-à-dire pour ma substance, qui seule renferme