Médit, chrét. xii
2, Ihid. XII, 1. '
tous les biens Ainsi tu vois bien que tu me dois
aimer de toutes tes forces, puisque la force que tu as d'aimer vient de moi, et qu^ ne pouvant agir que pour moi, je ne puis pas te donner de mouvement pour aimer quelque autre chose que moi ou sans rapport à moi. » Enfin « il n'y a que moi qui puisse être bien à ton égard. Il n'y a que moi qui agisse véritablement dans les esprits C'est ma puissance qui fait tout » « Tu ne dois aimer et tu ne
dois aussi craindre que moi, car la véritable cause du plaisir et la véritable cause de la douleur, c'est moi ^ »
Il fallait indiquer ces conséquences morales et religieuses de la théorie de Malebranche. Les renvoyer par scrupule de méthode à l'exposition de la morale où nous les retrouverons longuement développées^, ce serait altérer la physionomie du philosophe et ne pas comprendre l'esprit de sa doctrine. Cette métaphysique est toute pénétrée de morale et de religion. Dans ces théories profondes, hardies, subtiles, où l'intelligence s'aventure avec, une intrépide confiance et risque de se perd^^p, la curiosité philosophique n'est pas, nous le savons, le seul mobile de tant de recherches. Malebranche veut savoir pour mieux aimer et mieux vivre. Il méprise la