‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 142 sur 237 · Traité de morate, II, ch. ii, notamment § 10 et · texte numérisé non relu

Traité de morate, II, ch. ii, notamment § 10 et

science si elle se termine à elle-même * ; il l'estime et la poursuit avec ardeur si elle conduit à Dieu. Lors donc qu'il est arrivé à la théorie capitale de sa philosophie, lorsqu'il a établi que Dieu seul agit en toutes choses, il ne peut se taire sur les conséquences morales et religieuses de cette vérité essentielle. Il est là au point central de sa doctrine : c'est là que tout aboutit ; c'est de là que tout part. Il vient d'établir le plus grand des principes de la philosophie nouvelle qui s'accorde parfaitement avec le premier principe de la religion chrétienne ^ ; il vient de montrer que « toutes les causes secondes ou toutes les divinités de la philosophie, ne sont que de la matière et des volontés inefficaces. » N'est-ce pas le désir de se mieux convaincre de ce grand principe qui l'a rendu philosophe? Âh! maintenant il ne sera plus de ceux qui, par piété, se croyant obligés de dire que Dieu fait tout, le disent de bouche et même de bonne foi, mais sans savoir nettement ce qu'ils disent. Ces esprits mal éclairés ne laissent pas d'attribuer aux créatures une force véritable pour agir. Dans leur pensée Dieu fait tout par un concours inintelligible, et les créatures par une force toute naturelle. Si on examine de près leur sentiment, ou l'on n'y comprend rien, ou l'on

1. « Je veux étudier la religion et la morale... » Médit, chréi, IX, 25.

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