‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 143 sur 237 · Rech. de la vér., liv. VJ, part, ii, ch m, à la fin · texte numérisé non relu

Rech. de la vér., liv. VJ, part, ii, ch m, à la fin

voit bien que Dieu a tout fait, mais que maintenant il laisse tout faire et ne fait plus rien^ Malebranche, en disant que Dieu fait tout, sait ce qu'il dit; il a pénétré le sens de ces mots vulgaires si profonds et si vrais ; il tient la vérité fondamentale d'où toutes les autres dépendent; le but où il aspirait est atteint : il saura désormais que <k notre imagination et nôtre esprit ne doivent point s'abattre devant la grandeur et la puissance imaginaire des causes qui ne sont point causes, qu'il ne faut ni les aimer ni les craindre; qu'il ne faut point s'en occuper, qu'il ne faut penser qu'à Dieu seul, voir Dieu en toutes choses, adorer Dieu en toutes choses ^. »

Mais si Dieu fait tout par son action immédiate, à quoi servent les créatures? Incapables d'aucune action, mortes, comme le dit énergiquement Maiebranche^, quel rôle ont-elles à remplir? Elles ne se modifient pas les unes les autres ; toutes les prétendues actions ou réactions réciproques n'étant que des chimères, voilà tout lien rompu entre les êtres, et chaque substance isolée en elle-même, et là, impuissante à se modifier, inerte, absolument inutile à ce qu'il semble. D'où vient donc que les créatures paraissent agir et se modifier mutuellement? et pourquoi existent-elles? Deux questions qui n'en

!• MédiL chrét. v, 18.

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