Ibid, xiiT
comment toutes les créatures lui sont unies immé* diatement et par lui unies entre elles; comment enfin il les a établies causes occasionnelles pour produire certains effets , en conséquence des lois qu'il se fait pour exécuter ses desseins d'une manière uniforme et constante, par les voies les plus simples, les plus dignes de sa sagesse et de ses autres attributs.
Ainsi Dieu seul a la puissance ; et t cette perception claire, que Dieu seul a la puissance , nous oblige à former les jugements qui suivent :
» 1** Que Dieu seul est la cause véritable de notre être;
> 2** Que lui seul est la cause de la durée de notre être;
> 3° Que lui seul est la cause de nos connaissances ;
» 4° Que lui seul est la cause des mouvements naturels de nos volontés;
» 5"" Que lui seul est la cause de nos sentiments, le plaisir, la douleur, la faim et la soif, etc. ;
> 6** Que lui seul est la cause de tous les mouvements de notre corps ;
> T Que ni les hommes, ni les anges, ni les démons, ni aucune créature ne peut par elle-même nous faire ni bien ni mal ; qu'ils peuvent néanmoins, comme causes occasionnelles ^ déterminer Dieu, en conséquence de quelques lois générales , à nous
faire du bien et du mal , par le moyen du corps auquel nous sommes unis ;
» 8* Que nous non plus, nous ne pouvons faire ni bien ni mal à personne par nos propres forces, mais seulement obliger Dieu, par nos désirs pratiques, en conséquence des lois de T union de Tâme et du corps, à faire du bien et du mal aux autres hommes ; car c'est nous qui voulons remuer notre bras et notre langue ; mais Dieu seul sait et peut les remuer ^ »
Maintenant que reste-t-il à faire pour achever la philosophie? Il reste à étudier les lois générales de la nature et de la grâce, il reste à pénétrer avec une respectueuse audace dans les secrets de la Providence divine pour apprendre à l'aimer davantage et à se mieux conformer à ses desseins. C'est ce que fera Malebranche.
Mais, avant de le suivre dans ses nouvelles recherches, arrêtons-nous un instant.
Descartes, nous l'avons remarqué déjà, inclinait à ôter aux créatures toute activité. L'univers matériel n'est pour lui qu'une grande et admirable machine. Tout dans les corps s'explique mécaniquement. Les lois qui règlent ce mécanisme et la force motrice qui le fait marcher ne sont autre chose que la volonté divine elle-même, toute-puissante et