Quatrième lettre de Malebranche
OBIGINES DE LA PHILOSOPHIE DE MALEBRANGHE. 27
difié son sentiment. Que Leibnitz, touchant à la métaphysique même, essaie de l'amener à des vues nouvelles sur l'essence de la matière, et entreprenne, dans ce dessein, la critique de Descartes S aussitôt de fières paroles coupent court à tout débat. « Du .reste, monsieur, je ne crois pas bien des choses que vous dites de M. Descartes. Quoique je puisse démontrer qu'il s'est trompé en plusieurs endroits, je vois clairement, ou je suis le plus stupide des hommes, qu'il a eu raison dans certaines choses que vous reprenez en lui. j» Et ensuite : « Si je ne craignais point d'abuser de votre loisir, et que je crusse devoir rn appliquer à des choses que fai quittées pour ni appliquer à d'autres qui sont plus essentielles^ je vous prierais de me dire les raisons que vous avez pour défendre vos sentiments^. » Yoilà bien le ton d'un homme qui hait la discussion et n'a pas de temps à perdre. Et d'ailleurs, là même où la mécanique seule est en question, il est court et réservé dans ses réponses; il ne discute guère : mais, s'il se sent ébranlé par de puissantes raisons, il se recueille pour les méditer, et le jour où il en reconnaît toute la force, il se rend à l'évidence et se déclare convaincu.
C'est donc une chose incontestable que Malebranche redoutait l'échange des idées dès qu'il prc-