Deuxième lettre de Malebranche
28 PREMIÈRE PARTIE. — GHAPITR^ I.
voyait un choc. Il aurait voulu que la vérité rayonnât doucement autour d'elle et pénétrât les esprits. S'il aimait les entretiens philosophiques , c'était pour amener la fusion des idées et des âmes par l'exposition de € choses abstraites, » il est vrai, mais présentées d'une façon t touchante, > et propre à en « niontrer Tinfluence dans la morale ^ ; » ce n'était pas pour examiner les questions de pure curiosité, qu'il négligeait volontiers, ni même pour éprouver par la discussion les principes qui lui étaient chers.
Ainsi disposé, que devait-il faire quand il était publiquement attaqué? Son premier mouvement est de ne pas répondre. Ses écrits et ses lettres nous l'apprennent ^. Il ne songe pas un seul instant à chercher dans les objections qu'on lui fait un contrôle à ses propres spéculations. Ce serait douter de ce qu'il regarde comme très-assuré, et ce doute serait une injure à la vérité. Si donc il jette les yeux sur les livres de ses adversaires, c'est pour y chercher les points faibles et les mettre en lumière. L'honneur de la vérité l'exige : pour\ie point paraître la trahir, il sort de son repos. Il n'essayera point d'entrer dans la pensée de ses critiques : à quoi bon? il leur déclarera qu'il ne les entend pas, ce qui est