C'est ce que Malebranche répète partout
3. Ce mot est dans le ix® Enirei, métaph.p 4, et dans les Réflexions sur la prémolion physique, § 22.
bonté était la fin principale de la création de l'univers, on n'y verrait point bien des choses qui paraissent contraires à la bonté, qui y seraient contraires si elle était le vrai motif de l'action divine, choses qui ne s'expliquent enfin que par des raisons de sagesse ^
Dieu ne peut agir que selon ce qu'il est. C'est le grand principe qu'il faut sans cesse rappeler. Dieu, en agissant, ne peut se proposer que lui-même pour fin principale. Les choses qu'il peut faire sont présentes à son éternelle pensée avant que d'être. Il les voit avec leurs degrés inégaux de perfection ; il les voit exprimant plus ou moins ses excellentes qualités^; il voit en même temps que s'il fait des esprits, ces esprits seront capables de remarquer cette expression plus ou moins parfaite des attributs divins dans les choses créées, et par conséquent d'adorer l'éternelle sagesse en portant à cette vue les mêmes jugements qu'elle ^. Dieu voit tout cela, et contemplant ainsi ce bel ouvrage fait avec un art divin, qui porte le caractère des attributs dont il se glorifie, qui exprime en quelque manière ses perfections qu'il aime invinciblement, il tire de cet ouvrage une gloire qui ne lui est point étran-
1. Entrât, métaph., ix, 3. Voir aussi le Traité de la nature et de la grâce.
2. Entret. métaph.j ix, 4. Remarquons le mot exprimer que Ton retrouve bien souvent dans Leibnitz employé de la môme manière.