Entret, métaph., ix
gère, gloire fondée sur l'estime et l'amour qu'il a pour ses propres qualités. C'est pour cette gloire que Dieu agit.
Mais, remarquons-le bien, l'ouvrage de Dieu est fini : si grand et si beau qu'on le suppose, cet ouvrage fini n'a aucune proportion avec l'action divine qui est infinie. Si parfait qu'il soit, cet univers que Dieu fait n'en est pas moins indigne de Dieu : il est profane * . Dieu ne peut mettre dans cet univers sa complaisance infinie, Dieu ne peut le créer, car l'action qui le créerait serait d'un prix infini , et la chose créée ne mériterait en rien cette action. On ne peut donc pas dire que Dieu ferait cet ouvrage pour sa gloire. Cet ouvrage ne glorifierait pas Dieu d'une manière digne de lui. Il faut que le Créateur trouve le secret de rendre son ouvrage dmn ^, et de le proportionner à son action qui est divine.
Faudra-t-il donc que le monde soit infini, composé d'un nombre infini de tourbillons? Faudra-t-il qu'il soit éternel, sans commencement et sans fin? Mais si j'entends bien ici la pensée de Malebranche, cette prétendue infinité et cette prétendue éternité, en supposant qu'elles fussent possibles, ne tireraient pas encore l'univers de son état profane ; et en même temps elles auraient l'inconvénient