Ibid., liv. II, part, i, chap. i
On voit alors comment les images des objets, par exemple, sont liées aux traces que les esprits animaux impriment dans le cerveau, et comment ces liaisons tantôt naturelles et indissolubles, tantôt naturelles encore, mais susceptibles d'être rompues parce qu'elles ne sont pas indispensables, tantôt enfin volontaires et plus ou moins faciles à rompre, expliquent les associations des idées, les instincts , les habitudes , dont l'influence est si grande ^ On conçoit que « la vie de l'homme consiste dans la circulation du sang, et dans une autre ^circulation de pensées et de désirs ^. > On reconnaît xju'il n'y a point de conception de l'esprit à laquelle <iuelque image sensible ne se mêle, et qu'il n'y a point d'amour, de joie, de désir excité par des choses purement spirituelles, que quelques mouvements des esprits animaux n'accompagnent et ne puissent changer en passion parfois très-vive et très-violente^. On voit alors quelle est l'étendue des passions; et on sait aussi comment elles s'élèvent dans l'âme, et l'intéressent au bien du corps, comment elles s'expriment au dehors, se communiquent , et éveillent dans les autres hommes des passions semblables ou contraires selon les circonstances*. Instruit de toutes ces choses, on com-