Ibid,, liv. V, ch. i
A. Ibid.j liv. V, ch. ii et suiv.
prend qu'il est nécessaire de veiller sur les sens, sur l'imagination, Sur les passions S que c'est une folie de se laisser conduire par des facultés qui ne tendent qu'au bien du corps, mais que c'est une chimère de prétendre les détruire, puisque par elles Dieu a voulu nous unir à tous ses ouvrages^; qu'il faut donc les contenir, les régler, et s'en servir pour aller à la vérité et au vrai bien. De quelles précautions ne doit-on pas user ! Nous sommes environnés de périls. Le vin est utile au corps, mais voyez: € il est si spiritueux que ce sont des esprits animaux tout formés, mais des esprits libertins qui ne se soumettent pas volontiers aux ordres de la volonté à cause de leur solidité et de leur agitation excessive^, p II est bon d'avoir recours aux sens pour soutenir l'attention de l'esprit; mais prenez garde à ces récompenses ou à ces sentiments sensibles par lesquels on prétend exciter les enfants au travail ou les tenir dans le devoir : < dans leur cerveau une pomme et des dragées font des impressions aussi profondes que les charges et les grandeurs en font dans celui d'un homme de quarante ans : » comment voulez-vous qu'ils soient < en état d'écouter les vérités abstraites qu'on leur enseigne*?»
1. Traité de morale^ 1, ch. x^xin^ et toute la Recherche de la vérité.