‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 180 sur 237 · Entr. sur la mort, ii, p. 322. — Corners, chrét,, ii · texte numérisé non relu

Entr. sur la mort, ii, p. 322. — Corners, chrét,, ii

s'explique *. Le Créateur a travaillé sur le néant de Têtré, le Sauveur travaille sur le néant de la sainteté \ Par Jésus-Christ et en Jésus-Christ, nous devenons une nouvelle créature capable par lui de rendre à Dieu des honneurs divins ^. Voilà donc le but suprême de la création atteint; voilà comment, par une infinité de combinaisons d'une simplicité merveilleuse, se construit et s'achève ce temple où tous les esprits unis à la raison souveraine prononcent par Jésus-Christ un jugement pareil à celui que Dieu porte de lui-même et déclarent de toutes les manières qu'il est infini dans tous ses attributs. Les maux d'ici-bas sont des châtiments dus à des pécheurs, et des moyens salutaires pour arriver au ciel. La cité sainte se prépare et s'édifie dans la peine et dans la souffrance : ce sont les pierres vivantes du temple du Dieu vivant que le céleste architecte taille, façonne, polit*. Laissons-le faire.

1. EntreU métaph.y xii, 11.— « Tous les hommes étant pécheurs, aucun ne mérite que Oieu quitte la simplicité et la généralité de ses lois pour proportionner actuellement les biens et les maux à leurs mérites et à leurs démérites^ et tôt ou tard, Dieu rendra à chacim selon ses œuvres. »

2. EnireL métaph., xiv, 11. — EntreL sur la mort, ii, p. 323.

3. EnireL métaph., xnr, 8. — • « Les chrétiens se comptent véritablement pour rien, eux et tout le reste de Tunivers^ par rapport à Oieu, lorsqu'ils protestent que ce n*est que par Jésus-Christ quMls prétendent avoir avec lui quelque rapport. Cet anéantissement où leur foi les réduit leur donne devant Dieu une véritahle réalité. Ce jugement qu'ils prononcent d'accord avec Dieu même donne à tout leur culte un prix infini. »

4. Rôle, prix, beauté du sacrifice. Médit, chrél,, xiv, 20-23; xix, 3^ 4,5.

Adorons son dessein et tâchons d'y coopérer. Qaand cette sainte société des esprits avec Dieu et des esprits entre eux en Dieu par Jésus-Christ sera formée, tout sera consommé. Le dessein étemel du Créateur sera accompli, et ceux-là même qui auront été rejetés de la cité céleste et du saint temple rendront encore hommage à Dieu à leur manière; car leur supplice mérité prononcera éternellement que Fauteur de l'univers est infiniment puissant, infiniment sage, infiniment j uste ^ .

On le voit, pour juger du plan de la Providence, il faut sortir des limites de la vie présente : il faut considérer la vie future. Aussi, tandis que Descartes, après avoir montré l'immortalité de l'âme comme une conséquence de la nature spirituelle de la substance pensante, s'arrêtait, et ne disait rien de l'autre vie, Malebranche ne se contente pas de cette indestructibilité de la substance qui, en elle-même, importe assez peu à la morale et à la religion : il établit l'immortalité de la personne, et il montre que c'est en consultant l'idée de Dieu^, et en s'appuyant sur des raisons morales, qu'on peut l'établir. L'âme subsistera toujours, les substances sont immortelles^. Mais

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