EntreU métaph., v
3. Rech. de la vér., liv. II tout entier. — Traité de morale^ I, ch. XII,
ligion. Mais ces connaissances mêmes peuvent devenir dangereuses si elles enflent le cœur. C'est à la vue de cette science gâtée par l'orgueil que Maiebranche déclare que mieux vaut rignorance des simples. La vraie science ne va pas sans humilité et sans charité*. Elle ne s'obtient qu'à ce prix, et elle-même contribue à augmenter ces vertus dans l'âme.
Il y a dans la logique de Malebranche deux grands préceptes qui dominent tout. Comme il admet que nous n'avons de lumière que par notre union avec la Raison divine, il nous prescrit sans cesse de consulter par notre attention le maître intérieur 2. Puis, comme les sens et l'imagination nous troublent sans cesse, il nous recommande de ne point donner notre consentement aux choses qui nous paraissent vraies, que nous ne sentions une peine intérieure et des reproches secrets de la raison ^. Il y a donc deux vertus propres à l'esprit, la force et la liberté qui, l'une et l'autre, supposent l'amour de l'ordre, dominant, habituel, porté jusqu'au sacrifice*. Par la force d'esprit, nous nous délivrons de l'ignorance; par la liberté d'esprit nous évitons l'erreur ^ Par ces deux vertus,