‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 196 sur 237 · Rech. de la vér., liv. I, ch. vu-ix, et puis xv · texte numérisé non relu

Rech. de la vér., liv. I, ch. vu-ix, et puis xv

de nous apprendre : à vrai dire, ils ne nous trompent pas; mais c'est folie que de vouloir juger par eux des choses mêmes, puisqu'ils ne nous en disent

rien * .

L'imagination est poursuivie avec la même vivacité. Les causes physiologiques qui influent sur elle, les illusions qu'elle fait naître ou qu'elle entretient, la contagion qu'elle exerce autour d'elle quand elle est forte et dominante, tout cela est étudié à fond, et les réflexions que cette étude amène naturellement sont parfois exprimées de la façon la plus saisissante. Nous avons déjà eu occasion d'en donner quelques exemples à propos des lois générales de l'union de l'âme et du corps ^. Citons ici cette belle page où sont énumérées les mauvaises qualités de ceux qui ont l'imagination très-vive et très-vigoureuse, et que notre philosophe appelle d'un nom expressif, esprits visionnaires :

« Ces esprits sont excessifs en toutes rencontres : ils relèvent les choses basses, ils agrandissent les petites, ils approchent les éloignées. Rien ne leur paraît tel qu'il est. Ils admirent tout; ils se récrient sur tout sans jugement et sans discernement. S'ils sont disposés à la crainte par leur complexion naturelle... ils s'effraient à la moindre chose, et ils tremblent à la chute d'une feuille. Mais s'ils ont

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