‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 200 sur 237 · Rech. de la vér.^ liv. III, part, n^ ch. x · texte numérisé non relu

Rech. de la vér.^ liv. III, part, n^ ch. x

viciions : c'est un opiniâtre, comme si l'attachement à des principes de vertu était la même chose que l'aveugle entêtement des vicieux et des libertins ^ Qui ne reconnaît dans ces exemples ces faux jugementsque les hommes portent chaque jour presque sans y penser?

L'inclination pour le bien en général est la cause de l'inquiétude de notre volonté, et par suite, de notre peu d'application et de notre ignorance. C'est notre honneur et notre grandeur que de ne pouvoir nous contenter de rien de fini et d'imparfait*. Mais c'est notre faiblesse et notre malheur que de nous fier toujours aux apparences et de nous élancer vers les objets qui nous séduisent, ou de nous détourner de ceux qui nous lassent, sans prendre le temps et la peine de juger selon la vérité. Quel sentiment profond et quelle vivante peinture de ce qu'est l'âme humaine ! Toujours altérée d'une soif ardente, toujours agitée de désirs, d'empressements, d'inquiétudes pour un bien qu'elle ne possède pas, tressaillant aux approches d'un objet qui lui fait sentir quelque douceur : voyez ses ardeurs qui se rallument, et puis la déception qu'elle

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