Rech. de laver,, liv. III, part, ii, ch. xi
2. Ibid.j liv. IV, ch. ii, 1. « L'âme ne s'en contente pas (des biens finis), parce qu'il n'y a rien qui puisse arrêter le mouvement de l'âme que celui qui le lui imprime. Tout ce que l'esprit se représente comme son bien, est fini ; et tout ce qui est fini peut détourner pour un moment notre amour, mais il ne peut le fixer. »
éprouve quand elle a goûté ce bien impuissant à remplir sa capacité infinie ; et puis encore ses espérances nouvelles aussi sottes et aussi vaines que les premières, suivies à leur tour de déboires pareils ; et ainsi, au milieu de la multiplicité de biens qui ne peuvent la satisfaire, une inconstance perpétuelle et une légèreté inconcevable qui ne peut se fixer nulle part ^
L'inclination que nous avons pour la grandeur et pour le bien-être nous jette aussi dans de graves erreurs. Ainsi, nous oublions que la vraie grandeur ne consiste pas dans ce rang que les hommes tiennent dans l'imagination des autres hommes, aussi faibles et aussi misérables qu'eux-mêmes, mais dans le rang honorable qu'ils tiennent dans la raison divine, dans cette raison toute-puissante qui rendra éternellement à chacun selon ses œuvres ^. Ainsi encore des gens de néant s'imaginent sottement qu'ils sont de grands hommes, parce qu'ils ont degrandes maisons, et le plaisir de la vanité remplit tellement la petite capacité de leur esprit que les vérités les plus évidentes de la morale sont obscurcies et cachées pour eux ^. D'autres, tout entiers à l'espérance, deviennent incapables de discerner le bien du mal : car l'âme est si fort occupée des plaisirs
1. Rech. de la vér», liv. iV, ch. n; ch. m, 1 ; ch. iv. 2. /Md., Uv. IV, ch. VI, î.