‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 202 sur 237 · Ibid., liv. IV, ch. xi · texte numérisé non relu

Ibid., liv. IV, ch. xi

qu'elle espère, qu'elle les suppose innocents et qu'elle ne cherche qne les moyens de les goûter \ Chez d'autres encore, la pensée des peines de l'autre vie produit les effets les plus tristes; cette crainte servile fait naître une infinité de scrupules ; elle étend pour ainsi dire la foi jusqu'aux préjugés, et elle fait embrasser avec ardeur et avec zèle des traditions purement humaines, des dévotions pharisaïques, des pratiques superstitieuses, ou elle jette l'âme dans un aveuglement de désespoir, et les hommes, regardant confusément la mort comme le néant, se hâtent brutalement de se perdre, afin de se délivrer des inquiétudes mortelles qui les agitent et qui les effraient ^.

C'est un chef-d'œuvre de pénétration et de justesse que le chapitre sur les erreurs où nous précipite l'amitié que nous avons pour les autres hommes. Alceste, dans Molière, ne dit rien de plus fort contre les faiseurs de compliments que Maiebranche dans la page que voici :

« Ne voyons- nous pas tous les jours que des personnes qui ne se connaissent point, ne laissent pas de s'élever l'un l'autre jusqu'aux nues la première fois même qu'ils se voient et qu'ils se parlent? Et qu'y a-t-il de plus ordinaire que de voir des gens qui donnent des louanges hyperboliques et qui té-

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