Ibid,j liv. V, ch. vii, vers la fin
ouvrages d'hommes divins, qui ont été radmiration de leur siècle, et qui ont reçu de Dieu des lumières toutes particulières. > Admirez ici les souplesses de Tamour-propre : « On ne fait plus avec son auteur qu'une même personne, > et si on le loue tant, c'est qu'on espère être « comme enveloppé dans la même gloire. > Et ce qu'il y a de plus déplorable, c'est que la vanité est si naturelle à l'homme qu'il ne la sent pas. Il faut se tâter, se manier, se sonder pour savoir qu'on est vain. Mais, aperçue ou non, c'est la vanité qui donne le branle à la plupart des actions. -Voilà donc un homme, doué de raison, dont l'unique préoccupation est d'admirer son auteur et de se faire admirer avec lui. Il le cite partout : pour prouver des choses obscures et que personne ne conçoit; pour prouver des choses très-évidentes et desquelles des enfants ne pourraient pas douter : son auteur lui est ce que la raison et l'évidence sont aux autres ^
C'est une chose étrange que cet abus des citations^ et que l'empire que cinq ou six mots latins ou grecs peuvent donner à un homme sur ses semblables : essayez de résister, ce pédant vous dira que vous n'avez pas le sens commun et que vous niez les premiers principes. Aussi bien ce sont là ses premiers principes, à lui : il n'en connaît pas