‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 209 sur 237 · Ibid,j liv. V, ch. vii, vers la fin · texte numérisé non relu

Ibid,j liv. V, ch. vii, vers la fin

ouvrages d'hommes divins, qui ont été radmiration de leur siècle, et qui ont reçu de Dieu des lumières toutes particulières. > Admirez ici les souplesses de Tamour-propre : « On ne fait plus avec son auteur qu'une même personne, > et si on le loue tant, c'est qu'on espère être « comme enveloppé dans la même gloire. > Et ce qu'il y a de plus déplorable, c'est que la vanité est si naturelle à l'homme qu'il ne la sent pas. Il faut se tâter, se manier, se sonder pour savoir qu'on est vain. Mais, aperçue ou non, c'est la vanité qui donne le branle à la plupart des actions. -Voilà donc un homme, doué de raison, dont l'unique préoccupation est d'admirer son auteur et de se faire admirer avec lui. Il le cite partout : pour prouver des choses obscures et que personne ne conçoit; pour prouver des choses très-évidentes et desquelles des enfants ne pourraient pas douter : son auteur lui est ce que la raison et l'évidence sont aux autres ^

C'est une chose étrange que cet abus des citations^ et que l'empire que cinq ou six mots latins ou grecs peuvent donner à un homme sur ses semblables : essayez de résister, ce pédant vous dira que vous n'avez pas le sens commun et que vous niez les premiers principes. Aussi bien ce sont là ses premiers principes, à lui : il n'en connaît pas

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