Ihid,y liv. IV^ ch. viii
d'autres. Et voyez la tyrannie de la mode. Un médecin qui parlerait comme tout le monde ne serait ni estimé ni obéi. Au village, le latin suffit, à la ville il faut du grec. Et des hommes très-savants et trèssérieux sont obligés dans leurs visites de parler grec comme les aflfronteurs et les ignorants : seulement « c'est pour charmer le malade et non pas la maladie, car ils savent bien qu'un passage grec n'a jamais guéri personne ^ . »
Pour les inventeurs de nouveaux systèmes, Malebranche est très-sévère, mais il ne les condamne pas absolument : s'il méprise ceux qui ne consultent que leur fantaisie, il estime ceux qui tâchent de se conformer à la vérité. « Il faut de grandes qualités, dit-il, pour trouver quelque véritable système... il faut une certaine grandeur et une certaine étendue d'esprit qui puisse envisager un trèsgrand nombre de choses à la fois. Les petits esprits, avec toute leur vivacité et toute leur délicatesse, ont la vue trop courte pour voir tout ce qui est nécessaire à l'établissement de quelque nouveau système. » Mais comme il connaît bien les dangers où sont exposés les inventeurs ! comme il peint vivement leurs travers! A son insu, il parle d'expérience. « On ne peut plus les détromper. Ils retiennent et conservent très-chèrement toutes les choses