Rech, de la vér.^ liv. IV, et. iv
qui peuvent servir à confirmer leur système ; ils n'aperçoivent presque pas les objections qui leur sont opposées, 6u bien ils s'en défont par quelque distinction frivole. Ils ne s'appliquent qu'à considérer l'image de la vérité que portent leurs opinions vraisemblables ; ils arrêtent cette image fixe devant leurs yeux, mais ils ne regardent jamais d'une vue arrêtée les autres faces de leurs sentiments, lesquelles leur en découvriraient la fausseté*. > Ils arrêtent cette image fixe devant leurs yeux : ce dernier trait est vraiment admirable : quelle simplicité, quelle justesse et quelle force !
Les beaux esprits sont peints à plusieurs reprises, et toujours avec beaucoup de vigueur et avec une malicieuse ironie. Nous savons quelle antipathie Malebranche avait pour eux. Il les trouve superficiels et efféminés ; il ne peut leur pardonner cette facilité de parole qui leur attire tant d'admirateurs : les sages, accoutumés à méditer, « hésitent d'ordinaire quand ils entreprennent de parler, parce qu'ils ont quelque scrupule de se servir de termes qui réveillent dans les autres une fausse idée. Ayant honte de parler simplement pour parler, ils ont beaucoup de peine à trouver des paroles qui expriment bien des pensées qui ne sont pas ordinaires'-. 5> Aveu plein de fierté qui est la condam-