‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 214 sur 237 · Ibid,, I, ch. V · texte numérisé non relu

Ibid,, I, ch. V

qu'elles sont inefficaces et entièrement incapables de nous rendre heureux ou malheureux. Convaincu de leur impuissance, on juge aisément qu'on ne doit ni les aimer ni les craindre. N'est-on pas dès lors bien préparé à mettre en pratique les deux grands préceptes de la morale proprement dite : s'attacher inviolablement à l'ordre , c'est-à-dire à' Dieu ; ne jamais aimer absolument un bien, si l'on peut sans remords ne point l'aimer^?

Ainsi entre la logique et la morale il y a d'étroits rapports, et nous n'avons pu expliquer l'une sans toucher à l'autre. Achevons maintenant de faire connaître la morale ^ .

Il y a deux sortes d'amour : l'amour de bienveillance et d'estime, et l'amour d'union. Distinction très-importante, qui, selon Malebranche, repose sur la nature même des choses, et sans laquelle, à son avis, toute la morale est bouleversée. C'est ici que le lien intime qui unit dans sa philosophie la métaphysique et la morale apparaît manifestement.

Pour aimer un objet d'un amour d'union, il faut

1. Voir Rech.de la vér.j liv. I, ch. ii; Trailé de morale^ I, ch. m et VII.

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