‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 215 sur 237 · Voir surtout la Ile partie du Traité de morale · texte numérisé non relu

Voir surtout la Ile partie du Traité de morale

regarder cet objet comme la cause de notre bonheur : c'est pour cela que nous souhaitons d'y être unis, afin qu'il agisse, sur nous et nous rende heureux. Mais Dieu seul agit sur nous, Dieu seul peut causer notre bonheur ou notre malheur. Tous les êtres créés ne sont que les causes occasionnelles de l'action divine. Donc, la véritable puissance étant incommunicable, toute créature étant impuissante, tout l'amour d'union doit tendre vers Dieu et vers Dieu seul. On peut bien s'approcher par le corps des objets que Dieu a établis causes occasionnelles pour produire certains effets; mais on ne peut pas les aimer. C'est en faire des divinités. Ni les anges, ni les démons, ni quelque créature que ce soit ne doit être aimée de cet amour qui honore la puissance; et quand je dis aimer, j'entends aussi bien craindre et haïr : j'entends que l'âme doit demeurer immobile en la présence des choses créées ^

Voilà donc la grande règle avec la raison qui la justifie : « Toutes les créatures étant absolument impuissantes^ il ne les faut nullement aimer ^. d

Arrêtons-nous ici quelques instants. Nos devoirs envers Dieu sont les premiers de nos devoirs, ceux qui en un sens renferment tous les autres. Comprenons bien que nous dépendons de la puissance

1. Traité de morale, 1, ch. m, 8 et 9 ; II, ch. i et ii. — Voir aussi Rech. de la vér., liv. VI, part, ii, ch. m; Médit, chrét. v, 19 ; vi, 5 et 22; XII, 1-2; XV, 18; Euiret. métaph.yYu.

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