Traité de morale, Uy ch. ii, 1-5. — Médit, chrét.j xir
cette loi, alors on pourra impunément désirer la gloire ou la rendre à quelque autre qu'à lui, alors on pourra sans crainte se réjouir et se consoler dans l'amitié des créatures; on pourra aimer et être aimé, adorer et se faire adorer, se montrer au monde pour s'attirer l'estime et l'amour du monde; on pourra s'élever et se mettre en vue comme un objet digne d'occuper les esprits et les cœurs que Dieu n'a faits que pour lui; on pourra s'occuper soi-même, ou de soi, ou de la puissance imaginaire des créatures '. »
Dieu seul a la puissance : il est donc seul la cause véritable de notre être; seul la cause de la durée de notre être; seul la cause de nos connaissances, des mouvements naturels de nos volontés, de nos sentiments, seul aussi la cause de tous les mouvements de notre corps; et par conséquent les créatures ne sont que des causes occasionnelles, elles ne peuvent par elles-mêmes nous faire ni bien ni mal, comme nous non plus, nous ne pouvons faire ni bien ni mal à personne par nos propres forces^.
Dieu seul a la puissance. Il faut donc n'aimer que Dieu d'un amour d'union ou d'attachement; n'avoir de joie qu'en Dieu seul; ne s'unir jamais aux causes occasionnelles de son bonheur contre la défense de Dieu, seule cause véritable; ne s'y point unir sans