id., II, ch. u
un besoin particulier ; ne craindre que Dieu ; n'avoir de tristesse que de son péché. Tout mouvement contraire serait déréglé, car il supposerait un faux jugement par lequel on attribuerait aux créatures une efficace véritable et on regarderait autre chose que Dieu comme capable de causer notre bonheur ou notre malheur*.
De même Dieu seul est la raison universelle, ou la sagesse. Donc l'homme n'est pas à lui-même, ni à nul autre, sa sagesse et sa lumière, ni nulle intelligence à aucune autre. Donc, Dieu, qui, par sa puissance^ est la cause de nos perceptions ou de nos connaissances claires, est aussi Tunique substance intelligible et commune de la vérité, et il est seul la forme, l'idée, l'objet immédiat de ces mêmes perceptions ou connaissances. Donc nous ne tirons pas des objets les idées que nous en avons. Donc enfin les hommes que nous appelons nos maîtres ne sont que des moniteurs; et lorsque nous rentrons en nous-mêmes pour découvrir quelque vérité que ce soit, ce n'est pas nous qui nous répondons, mais c'est le maître intérieur qui habite en nous, celui qui préside immédiatement à tous les esprits et leur rend à tous les mêmes réponses. Et par conséquent il faut : ne point tirer vanité de ses connaissances, mais en remercier humblement