Entret. mélaph.,, ix
aimables*. L'ordre même demande qu'on les estime et qu'on les aime à proportion de la perfection soit naturelle soit morale qu'elles possèdent, du moins autant que ces perfections nous sont connues. Et comme parmi ces créatures il y en a qui sont capables de connaître comme nous la vérité et de jouir avec nous, dans la possession du vrai bien, d'un même bonheur, nous devons leur souhaiter ce qui peut contribuer à leur félicité véritable, et travailler à le leur procurer. Voilà l'amour d'estime et de bienveillance que l'ordre exige que nous ayons pour les créatures ^. Si nous remarquons qu'il y a des perfections personnelles ou absolues et des perfections relatives, que les premières sont l'objet immédiat de l'amour d'estime et de bienveillance , et que les secondes ne sont point ellesmêmes dignes d'amour, mais seulement l'objet auquel elles se rapportent, qui est Dieu, nous comprendrons comment le mérite personnel doit être honoré et aimé partout où il se trouve, mais comment aussi il ne règle pas toujours la grandeur et la qualité des devoirs, l'autorité par exemple et les talents naturels attirant à ceux qui les ont des honneurs légitimes et un amour d'estime, qui se rapportent ailleurs, qui se terminent à Dieu seul '*.