Ibid., II, ch. XI
convaincu par l'exemple et la conduite du père, qu'il faut que tout obéisse à nos désirs, il fera servir toutes ses puissances, et toutes les puissances à qui il aura droit de commander, à les satisfaire... 11 faut donc conduire les enfants par raison , autant qu'ils en sont capables... Qu'un père ne s'imagine pas que sa qualité de père lui donne sur son fils une souveraineté absolue et indépendante. 11 n'est père que par l'efficace de la puissance de Dieu; il ne doit lui commander que selon la loi de Dieu *. »
C'est le même respect pour la raison qui éclate dans un autre passage sur l'éducation des enfants. User sans discernement des récompenses ou des peines sensibles pour tenir les enfants dans le devoir, c'est « les élever d'une manière basse et servile qui les accoutume peu à peu à une certaine insensibilité pour tous les sentiments d'un honnête homme et d'un chrétien, laquelle leur demeure toute leur vie ; ï> c'est oublier que « c'est l'esprit qu'il faut instruire, et non pas le corps, ï> et qu'il ne sert de rien par conséquent de « les forcer de faire extérieurement ce qu'ils ne croient pas devoir faire ; » enfin « c'est éteindre leur raison et corrompre leurs meilleures inclinations. » On ne doit recourir aux peines sensibles que lorsqu'ils refusent de faire ce que la raison leur montre qu'ils doivent faire ^;