Trailc de morale y II, ch. x
2, Hech, de la véi\, liv. II, part, i, ch. vin, 2.
alors il faut qu'ils sentent que la raison est toutepuissante ; il faut que la force les oblige à redouter la raison qu'ils n'aiment pas, et que la grandeur des misères dont ils se délivreraient s'ils devenaient raisonnables, les dispose à rendre à la loi éternelle toute l'obéissance qui lui est due. «C'est cette espèce d'affliction qu'on fait souffrir aux hommes, en présence et à l'honneur de la raison qu'ils ont méprisée, qui ouvre l'esprit et donne de l'intelligence ; et non des châtiments de brutaux qui ne sont propres qu'à former des brutes, qu'à dresser des chevaux et des chiens, et qu'à apprendre aux hommes à faire de leur volonté la règle inviolable de leur conduite *. d
Mais si l'homme vertueux, tel que le conçoit Malebranche, a pour ses semblables un sincère et constant respect, à cause de Texcellence de la raison, il prend soin de ne jamais occuper d'eux ni son esprit ni son cœur, à cause de l'impuissance absolue de la créature. Pour ne pas empiéter sur les droits de Dieu, il veille sans cesse sur lui-même avec un soin jaloux: « sent-il s'exciter en lui quelque amour pour la créature, quelque joie dans la créature, il étouffe ces sentiments ^. » Il est bienveillant, il n'est pas bon. La bonté suppose la puissance de faire du bien, elle n'appartient qu'à Dieu.