Rech, de la vér,, liv. V, ch. ii
2. Ibid., liv. IV, ch. x; liv. V,ch. iv. — Médit, chréi., x. — Trailé de la nature et de la grâce.
plaisirs sensibles, et rendent supportables et même aimables les plus grandes souffrances. Il sait enfin que « Dieu blesse les hommes dans le fond de leur cœur lorsqu'ils aiment autre chose que lui, et que c'est cette blessure qui fait la véritable misère; mais qu'il répand une joie excessive dans leurs esprits lorsqu'ils s'attachent uniquement à lui, et que c'est cette joie qui fait la solide féhcité^ i> Sachant tout cela, l'homme vraiment vertueux assure sa paix et sa liberté, en travaillant à se priver de toutes les choses dont on ne peut jouir sans plaisir, ni être privé sans douleur. En un mot, il pratique le détachement et la mortification ^.
Malebranche emploie les expressions les plus fortes et les plus belles pour peindre le ravage qu'un seul mauvais regard peut faire dans l'âme, et il exhorte avec une vivacité éloquente à la vigilance et à la mortification. « Il s'agit, dit-il, de l'éternité, de l'alternative épouvantable, de la félicité des saints, et des supplices des démons pour des siècles infinis. Nous pouvons heureusement boucher les avenues par lesquelles s'entretient le commerce dangereux des sens avec les faux biens. Le mouvement des pieds et des mains est soumis à nos volontés. 11 dépend de nous de baisser la vue, de tourner la tête, de prendre la fuite. Nous pouvons ainsi