Réforme de Ventendemeniy p
ritable esprit cartésien, prend son point de départ dans un fait de conscience. Spinoza s'établit en Dieu de prime abord ; Malebranche, qui part de Dieu pour expliquer toutes choses, passe par l'homme avant de s'établir en Dieu. Au début du grand ouvrage oti sa philosophie est résumée, il reproduit et développe le je penser donc je suis^ ajoutant, après les deux pages qu'il y consacre, que la distinction de l'âme et du corps est le fondement des principaux dogmes de la philosophie*. De plus, il admet ce qu'il appelle quelque part l'expérience de la foi'; nous y reviendrons tout à l'heure. Mais pour ne parler ici que de l'expérience du sens intime, c'est une chose hors de doute qu'elle est pour lui ce que Platon aurait appelé la base d'élan, le premier degré où il faut poser le pied pour s'élancer dans le monde des idées (èmSacrct; te xal op[/.aî). Dans la jRecherche de la vérité, il dit que de toutes nos connaissances, la première, c'est l'existence de notre âme, et que l'on connaît par simple vue ou sentiment intérieur tout ce que l'on peut connaître de l'âme, sans être obligé à faire des raisonnements dans lesquels l'erreur se pourrait trouver. Puis, montrant que l'existence nécessaire de l'infini est encore un principe incontestable, antérieur et supérieur à tout raisonnement, t toutes ces vérités se