‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 33 sur 237 · TraUé de morale, I, ch. v · texte numérisé non relu

TraUé de morale, I, ch. v

voient de simple vue, ajoute-l-il admirablement, quoiqu'il semble que nous fassions ici des raisonnements pour les exposer aux autres *. > Ainsi, il admet un double point de départ de la connaissance humaine, l'un expérimental, l'existence de l'âme connue par sentiment intérieur, l'autre rationnel, l'existence de Dieu saisie par une intuition de l'esprit.

Néanmoins, Malebranche, même quand il répète le je pense^ donc je suiSy consulte peut-être la raison plusencorequelaconscience. Dans ce passage des Entretiens métaphysiques y auquel je faisais allusion plus haut, cette préoccupation se trahit d'une manière qui me semble bien caractéristique. Avant de consuRer la conscience et d'en traduire le témoignage, il pose, en vrai géomètre, un principe général qui lui paraît sans doute plus lumineux et plus satisfaisant^. Si l'on vient à réfléchir sur le fait de la pensée, on découvre, en effet, dans une pleine lumière cette vérité que pour penser ilfaut être ; on voit qu'entre ces deux choses, la pensée et l'existen ce de l'âme, il y a un rapport logique aperçu par l'esprit en même temps qu'un rapport vivant et senti, et cequi est pour la conscience un fait d'une évidence immédiate s'impose alors à la raison comme une conclu-

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