‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 41 sur 237 · Médit, chréi,, lu · texte numérisé non relu

Médit, chréi,, lu

carnée à la vérité intelligible, le chef qui conduit l'Eglise à la raison universelle qui éclaire tous les esprits*. > Céder à l'évidence ou à l'autorité, c'est toujours céder à I)ieu. On ne manque pas à l'humilité chrétienne quand on dit : c Je ne me soumets qu'à la raison^, > et on ne « perd pas la qualité de raisonnable > quand on « assujettit son esprit à la foi^; > car enfin, notre sainte religion est fondée sur la souveraine raison qui s'est accommodée à nous afin de nous rendre plus raisonnables, et pour discerner Ja véritable Église, nous avons un moyen sûr et facile , qui est de considérer sa perpétuité et son universalité. Ainsi, nous sommes raisonnables dans notre soumission et notre obéissance ; et la fin même de cette obéissance et de cette soumission, c'est de nous rendre plus conformes à la raison en nous unissant à elle plus étroitement.

Ces principes une fois posés, les fortes expressions par lesquelles Malebranche affirme la souveraineté de la raison n'ont plus rien qui nous étonne.

c Tout le monde se pique de raison, dit-il, dans son Traité de morale, et tout le monde y renonce ; cela paraît se contredire, mais rien n'est plus vrai. Tout le monde se pique de jraispn parce que tout homme porte écrit dans le fond de son être que

1. Traité de morcUef I, vi, 2. — V. aussi EntreL métaph., vi, 2.

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