Recherche de la vérité, à la lin
cette voie pénible où pourtant il semble s'engager avecjoie? Croit-il la philosophie inutile, ou ce qu'il appelle philosophie n'était-ce donc encore que la foi, sous une autre dénomination ? Se reproche-t-il d'avoir dit « les principales choses qui peuvent fortifier et conduire l'attention de l'esprit ? * >
Non, telle n'est point sa pensée. Mieux vaut mille fois ne suivre que la îbi,que de se perdre en suivant la raison ; mieux vaut mille fois n'avoir que fort peu de lumière dans cette courte et misérable vie que de se priver de la pleine lumière de l'éternité en se laissant séduire par les fausses lueurs d'une philosophie téméraire et impie ^. Voilà tout ce que Maiebranche a voulu dire. Il y a une métaphysique outrée qui corrompt la foi ; il y a une trompeuse sagesse qui consiste à dire « tout ce qui vient à l'esprit^ > et qui par des inventions humaines offusque ou étouffe la vérité ; il y a un orgueil philosophique qui « éteint en nous toutes les lumières* > et laisse l'âme superbe dans les plus déplorables ténèbres^. Encore un coup, mieux vaut la sainte ignorance de la foi ; une connaissance pleine et lumineuse y succédera dans l'autre vie. Mais ce n'est