Traité de morale^ I, ch. v, 13, et ch. ii
2. Malebranche reconnaît d'ailleurs que « les gen^de bien et ceux qui ont le plus de foi n'ont pas toujours le plus d'intelligence. Ils peuvent connaître Dieu par la foi, et l'aimer par le secours de la gr&ce, sans savoir qu'il est leur tout de la manière dont les philosophes peuvent l'entendre, et sans penser que la connaissance abstraite de la vérité soit une espèce d'union avec lui. Il ne faut donc pas être surpris s'il y a si peu de personnes qui travaillent à fortifier l'union naturelle qu'ils ont avec Dieu par la connaissance de la vérité, puisqu'il est nécessaire pour cela de combattre sans cesse contre les impressions
qu'il appartient de philosopher. Eux seuls, grâce à Sa révélation, possèdent la vérité totale et pure de tout mélaiige ; eux seuls, par l'effet de la grâce régénératrice, ont la liberté et la force d'esprit nécessaires pour bien philosopher*. Il y a des sciences incertaines et inutiles. Il vaut mieux les mépriser tout à fait que de s'en laisser charmer et éblouir. On peut condamner au feu les poètes et les philosophes païens, les rabbins, quelques historiens et un grand nombre d'auteurs qui font la gloire et l'érudition de quelques savants. Mais la connaissance de l'homme et la connaissance de la nature en tant qu'elles servent à la connais3ance de Dieu, on ne peut raisonnablement les mépriser. « La connaissance de la cause universelle ou de l'existence d'un Dieu est absolument nécessaire, puisque même la certitude de la foi dépend de la connaissance que la raison donne de l'existence d'un Dieu. On doit savoir que c'est sa volonté qui fait et qui règle la na-^ ture ; que la force ou la puissance des causes naturelles n'est que sa volonté; en un mot que toutes
des sens et des passions d'une manière bien différente de celle qui est familière aux personnes les plus vertueuses ; car les plus gens de biea ne sont pas toujours persuadés que les sens et les passions sont trompeurs en la manière que nous l'avons expliquée dans les livres précédents. » Rech. de la vér.y Y, ch. v. — Voir aussi EnireU métaph.^ xm, 7, sur « les personnes éclairées, qui savent les vrais principes de la Providence, » et sur a les simples, qui, se rendant uniquement à l'autorité, n'en ont pas besoin, et même pourraient les prendre mal, faute d'application et d'intelligence. »